jeudi 29 novembre 2007

Je vais bien, ne t'en fais pas !

Hier je n'ai rien acheté.
J'avais la patate. Mes filles étaient adorables. Ma femme magnifique. Mes collègues ont fait les cons tout la journée. Il n'y avait pas d'embouteillages. Le soleil était radieux. L'air pur. J'ai écouté un disque terrible (Le Loup : "The Throne Of The Third Heaven Of The Nations' Millenium General Assembly", Talitres Records). On a mangé une caponade à se taper le cul parterre ... Bref, le genre de journée bénie comme on en fait rarement. Qui vous fait voir la vie en rose et vous gonfle le moral à bloc pour les 3 mois à venir. Le panard, pointure 52 minimum.
Et je n'ai rien acheté. J'ai pas dépensé un kopeck.
Oui, oui, messieurs les journalistes, mesdames les politiques, messieurs les politistes, mesdames les journaliques, z'avez bien entendu. J'ai pas claqué un centime lors de cette formidable journée. D'ailleurs j'arrivais pas bien à savoir si c'est parce que je nageais dans le bonheur que j'ai rien dépensé, ou si c'est en partie parce que j'avais rien dépensé que je me sentais si bien. Ma sagesse de normand (que je ne suis pas) scientifique (que je suis un peu) a trouvé pour moi : ni l'un ni l'autre. Puisque les deux phénomènes ne présentent absolument aucune corrélation. C'est une évidence ... qui n'en était plus une tant on veut nous faire croire le contraire. Tant on nous martèle les oreilles avec le moral de la ménagère de moins de 60 ans (et oui, elle a pris dix ans avec l'augmentation de l'espérance de vie ;o)) qui commande son caddie.
Allez, Raymonde, te laisse pas embobiner. Toi non plus Robert. T'as remarqué que les résultats sportifs sont toujours suivis par les cours du CAC 40 ? Et est-ce que t'as déjà essayé de ne pas faire le rapprochement entre le penalty raté de Trézéguet et les licenciements à Alcatel ?
Je vous dirais bien de jeter vos postes de télé et de radio, mais il y a Jules-Edouard Moustic et Bernard Lenoir dedans. Faudrait pas les abîmer ...

lundi 15 octobre 2007

Working Class Heroes

Vendredi matin j'ai repensé à la vague bleue. Pas à l'écumeuse de kiwis qui se fracasse sur les épines de roses. Mais bien à la lame de fond du mois de mai, celle qui avait ecchymosés la France. Celle qui m'avait an tantinet ému au point que j'écrive un petit con post (cf. wave of mutilation). C'est pas de l'ovale donc, mais du rond, du lisse. Pas du qui se permet des faux rebonds, qui laisse un espoir au pauvre défenseur battu d'avance. Du rectiligne, du propre, du net, de l'impitoyable.
Et oui, ce matin, j'ai pris la France qui se lève tôt en plein dans la face. 6h45 aéroport de Blagnac. Les chaussures brillent, les cravates rutilent, les portables grésillent, les Echos et l'Equipe s'arrachent comme des petits pains.
Après les élections de mai, j'étais intrigué. Mais où se cachent les électeurs bleus de la France qui travaille ? Autour de moi, pas grand chose à se mettre sous la dent. Du rouge, du vert, du rose, du orange. Mais du bleu ? J'en vois pas. J'avais conclu à une double circonstance sociale et géographique. Le milieu universitaire et le Sud Ouest réunis suffisent semble-t-il à la raréfaction de l'individu bleu. Pourtant il y en a. Ils l'ont dit à la télé. Même par chez nous.
Ce matin j'ai trouvé : ils sont tous parqués dans l'aéroport. Même qu'il y en a des rigolos et des qui aiment le rugby. Même qu'il y en a aussi qui se la pètent grave et qui s'imagine que tout leur est dû. Ben oui, ils ont gagné aux élections quand même. Alors faudrait pas que l'avion ait du retard. D'ailleurs pour éviter de gaspiller temps et énergie, ils évitent de sourire et de dire bonjour. Mais je m'égare car ça n'a rien à voir avec le bleu, puisque cette tendance se retrouve aussi chez les jeunes super coooools équipés de dreadlocks, d'ipods et de carte LCR ...
J'aurais pu me retrouver mal à l'aise. Et bien non, en fait j'étais plutôt rassuré. Ouf ! Ce n'est pas un cauchemar. Je ne suis pas dans le Truman show : la France qui se lève tôt, travaille plus et roule bien droit existe. Je ne suis pas fou.

samedi 1 septembre 2007

(sp)amis

(Larousse)
ami, e : n. personne pour laquelle on a de l'amitié, de l'affection, ou avec laquelle on a des affinités.
amitié : n.f. sentiment d'affection, de sympathie qu'une personne éprouve pour une autre ; relation qui en résulte.

(Oxford Thesaurus)
friend : noun. a person whom one knows and with whom one has a bond of mutual affection, typically exclusive of sexual or family relations.

Avec l'essor d'internet et le développement de la blogosphère, sur le modèle "MySpace" en particulier, le mot ami s'est doté d'une nouvelle acception (spéciale dédicace à ma prof de français de 1ère ...), puisque sur un blog, un ami est grosso-modo un gus qui profite de ton emplacement médiatique pour poser sa petite annonce personnelle. J'espère ne pas abasourdir les millions de lecteurs de dabdoub31.net en faisant partir en fumée leurs illusions. Ceux qui voyaient leurs soucis balayés tous les soirs lors de leur connexion dans leur cyber-communauté favorite, avec ce petit encart : "Vous avez 1076 amis. Cliquez ici pour inviter de nouveaux amis". Ou encore ceux qui transgouttaient à grosses spires en recevant au boulot sur leur compte mail professionnel des messages du genre "Bonita Melucci veut devenir votre amie. Cliquez ici pour accepter". Eh ben non, l'affection n'est pas le moteur de la blogamitié ...

Afin d'éviter toute confusion, je propose d'utiliser désormais le terme "spami", qui, lui, sera sans ambiguïté.

Le spami occupe beaucoup d'espace et se propage à très vive allure, selon l'adage "les spamis de mes spamis sont mes spamis ".

J'ai été frappé par le phénomène spami en m'inscrivant sur le site cqfd.com. C'est un site dédié à la découverte de musiciens autoproduits, qui héberge le concours CQFD des inrockuptibles (le gagnant se voit offert une séance d'enregistrement dans un studio professionnel, des dates de concerts, etc.). Il se trouve que j'ai une connaissance (j'ai pas dit un ami, hein ;-)) qui participe au concours. Il se trouve d'ailleurs que c'est lui qui propose la musique la plus aboutie, la plus fine, la plus minutieuse, la plus prenante et le chant le plus agréable de tous les participants (la preuve ici), mais c'est un hasard (je répète, c'est pas un ami ...).
J'ai du m'inscrire un soir vers 21h37. A 21h42, j'avais 5 invitations à devenir mon "ami", à 22h12 j'en avais 13. (Les rédacteurs du site n'ayant pas encore lu ce blog, ils emploient encore le terme "ami" pour parler des "spamis", il ne faut pas leur en vouloir). Bon il faut reconnaître que le spami est très courtois. Il envoie un commentaire sur ton blog qui commence par " merci pour l'invit' " en police 8, suivi par un jpeg 800*1500 qui annonce un concert où son groupe joue, ou tout simplement qui te permet d'avoir sa photo sur la moitié de ta fenêtre de navigateur. De rien, de rien, mon pote. L'amitié c'est sacré, tu sais.
Je pensais au début que le spami était plutôt localisé dans les écosystèmes à enjeux. Ben oui, cqfd, c'est un concours, faut sucer pour passer. C'est inévitable. Et bien non ! C'est pas un problème de concours. Si vous visitez des pages au hasard sur "MySpace" vous êtres bons pour une migraine. La soif d'exposition publique semble inaltérable et généralisée. Faut faire de la pub a tout prix. Pour sa page perso. Pour son groupe de ziq. Pour son club de pétanque. Descartes - à puce : "je poste, donc je suis".
A l'heure où les consciences se réveillent doucement pour ne pas laisser la pollution publicitaire finir d'abrutir le peuple, j'ai la vague impression que la voie suivie par les (sp)amis de la communauté internautique est quelque peu rétrograde ...

Au fait, cet été j'ai passé quelques jours chez des amis du côté de Nice, et chez d'autres amis du côté de Bordeaux. C'est fou comme ils sont discrets, authentiques et précieux.

vendredi 31 août 2007

Le Marché de l'Empereur II : les soldes

C'est un problème récurent dans la gestion des entreprises. Les stocks. Ou comment écouler les invendus ? Les pingouins au ballon rond n'y échappent pas. Quand un modèle est dépassé, quand il sort de l'univers esthétique renouvelé à l'intersaison, on brade. Faut s'en débarrasser. Oui mais ça prend du temps. Alors, en attendant de trouver un pigeon assez couillon pour se farcir le pingouin aux prochaines saisons, on le garde en rayon. On l'étale même parfois. Juste ce qu'il faut pour faire envie. Mais pas trop pour cacher ses défauts. Parce que la subtilité du mercato de fin de série réside dans la roublardise de haut rang qui consite à faire comprendre à la fois qu'on est en possession d'un oiseau formidable, rare - et donc cher, et que cet oiseau est malgré tout bon à rien, ou du moins pas assez bon pour atteindre les objectifs du magasin-club. C'est ainsi qu'il y a parfois quelques grincements de dents du côté des gérants, quand par exemple un pingouin de premier choix se met à planter 3 buts dès qu'on l'expose 5 minutes en vitrine ...
A l'école du ballon rond, on apprend aux pougouinceaux à former une équipe. A développer un esprit pour cette équipe (Coluche trouvait qu'un esprit pour 11, ça fait léger, mais c'est pas le propos ...). On tente de motiver les minots pour partir dans une aventure collective où chacun a sa place, où on a envie de faire avancer le schmilblick (l'ennui avec Coluche c'est que quand on l'invite, il veut pas repartir). En Europe, au mois d'août, début de la saison footballistique, les entraîneurs de foot s'appliquent à forger l'esprit de leur équipe. Les gestionnaires, eux, s'équipent et se forgent un bon portefeuille en appliquant des prix fous. Et les pingouins dans l'histoire ? Ils appliquent la politique de l'autruche.
Je rêve secrètement d'une rébellion des footballeurs professionnels avec des slogans rageurs : "rendez-nous notre sport !", "nos courses valent plus que vos profits !", "dignité pour les manchots !".

mercredi 4 juillet 2007

Uppercut

C'est la grande classe. C'est un condensé de tout ce que la musique m'apporte de plus exaltant. C'est comme si ma discothèque idéale avait fondu, décanté, et s'était vidé d'un surnageant superflu pour aller à l'essentiel. Difficile de lister les artistes invités à cette fusion inespérée. Nick Cave, The Smiths, Léonard Cohen, The Tindersticks, U2, ... ? Difficile et finalement sans intérêt, tant le résultat est unique et se suffit à lui même. L'effet produit est de toute façon trop fort pour arriver à l'exprimer avec de pauvres mots de dabdoub. Heureusement il existe sur Terre des individus dotés de facultés d'analyse et d'expression suffisament développés, et qui ont choisi un beau métier : chroniqueur musical. Un peu comme les artistes, on remercie parfois ces critiques de parvenir à poser des mots sur des sensations. J'ai trouvé quelques références qui donnent des éléments de réponse à la question "mais pourquoi ce foutu groupe de rock américain est-il si efficace, si attanchant, si précieux ?". On peut ainsi lire quelques critiques de Boxer, le dernier album de The National, sur le site MySpace du groupe, sur le chouette webzine Foutraque, ou encore dans un article de la Blogothèque par Furax. Et puis sur le site de la contreculture officielle bobo parisienne des inrockuptibles, un jeune femme prénommée Johanna trouve une formule jolie et juste : "A l’école, on se souvient avoir appris, sans trop comprendre, l’obscure clarté avec Corneille. Voici qu’on la saisit enfin, brillamment illustrée."

Pour le plaisir, une version style fin de petit banquet méditerranéen du titre "Start a War".



jeudi 28 juin 2007

Le marché de l'Empereur

Ce sont nos héros des temps modernes. Leurs bras sont atrophiés car inutiles. Ils se dandinent de manière plus ou moins ordonnée sur des grands rectangles de pelouse verte, ou parfois sur des petits rectangles plats à coins carrés posés devant le canapé.
Cette forme hominidée dégénérée du manchot empereur est couramment appelée "manchot footballeur" et dans sa forme usuelle abrégée "footballeur" tout court.
De nombreuses caractéristiques de cette espèce sont disponibles sur wikipédia. Voici une synthèse de ce qu'il convient de retenir pour avoir un minimum de prestance au café philo du village ("Chez Titi", place de la poste, tous les samedis soirs).

Le plumage est monochrome sur le ventre et floqué d'un chiffre noir foncé sur le dos. L'individu au plumage noir est pourvu d'un bec incurvé partiellement emplumé, noir aussi, orné d'une bande orange sur la mandibule inférieure, qui lui entoure le cou. Il a le titre d' "arbitre" ; c'est une sorte de médiateur de la république impériale.
Les pattes palmées sont noires, avec les trois bandes "adidas" bien en évidence. La séparation entre le monochrome du ventre et le monochrome des pattes est matérialisée par une bande épaisse (également monochrome en général) appelée "short". Ces touches de couleur confèrent à cet oiseau un aspect esthétique du plus bel effet.
Le poussin ressemble à une peluche. Mais aussi le benjamin, le minime, le cadet. Mais pas le junior, qui est beaucoup trop gros pour attendrir. Les adultes sont très semblables aux immatures mais en un peu plus vieux. (...)
La morphologie du manchot, que ses ailes atrophiées ont rendu inapte au vol, est adaptée à la course : son corps rigide et son cou court lui permettent de se propulser sur l'herbe à une vitesse de 5 à 10 km/h, avec des pointes pouvant atteindre 30 km/h. Sa densité corporelle est élevée, ses ailes lui servent de balancier et ses pattes de gouvernail. Ses courses sont profondes (plus de 100 m) et ne durent que quelques secondes. (...)
Lors de grand matchs, après avoir marqué un but, les manchots forment « la tortue » : ils se rassemblent en groupe compact, limitant ainsi en périphérie le contact avec le public. Une rotation s'organise entre les manchots du bord et ceux du centre afin que ce ne soit pas toujours les mêmes individus qui soient exposés aux flashs. (...)
Le taux de fécondité des manchots footballeur est très faible puisqu'il est d'en moyenne un oeuf pour 22 adultes. Le manchot médiateur de la république impériale parvient cependant à améliorer les statistiques par un subtil jeu de distribution de cartons jaunes et rouges. Le Manchot empereur ne nidifie pas (la terre étant couverte d'herbe), mais il porte l’œuf sur ses pieds en permanence sauf quand il tente d'en briser la coquille avec la tête. Après la ponte, les femelles transmettent l'œuf aux mâles, qui aussitôt passent à l'aile pour un périple sur la banquise verte débouchant sur un centre millimétré et une reprise de volée acrobatique. Ou pas. (...)

Une caractéristique supplémentaire, non mentionnée dans wikipédia, m'interpelle grandement. Voici donc.
Chez les manchots footballeurs, la saison des migrations s'appelle "mercato", ou saison des transferts. Mais le terme italien est plus usité. Ce côté latin, chantant, chaleureux plaît beaucoup aux scientifiques spécialistes de l'espèce que l'on nomme journalistes sportifs. Un synonyme moins répandu est "foire aux bestiaux", qu'on a plus l'habitude d'associer à des Blondes d'Aquitaine ou des Limousines qu'à des Empereurs, il faut bien avouer. Pourtant si on se base sur le degré d'autodétermination de sa propre destinée, à ras des pâquerettes, on en est très proche, de la foire aux bestiaux ... Ou de la foire aux esclaves ... Ou plutôt de la foire aux gladiateurs. Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit au fond. Les jeux du cirque des temps modernes. Occuper du temps de cerveau disponible et spéculer tranquillement. Moins on laisse le gladiateur libre, mieux ça marche. Plus on le paye, plus ça marche encore mieux. Plus on lui dit qu'il est trop beau, mieux encore ça marche plus. C'est ainsi que le manchot empereur footballeur se voit attribuer des revenus impériaux et fait l'objet de négociations farouches pendant la période migratoire. Le pompon sur le pingouin, c'est l'anarchie qui se généralise à la fin de cette période. Où l'on voit que pendant que des manchots bien installés sur leur coin de glacier commencent à marquer leur territoire et organiser leur petite vie (préparation physique, entraînements, établissement de plan tactiques, etc.), d'autres continuent leur tour de banquise, sans savoir dans quelle colonie ils vont atterrir finalement. Parfois on voit des manchots tardifs lorgner avec envie un groupe déjà bien établi. Le territoire est grand et beau. Les femelles sont canons. Les potes empereurs sont super balaises et vont tout rafler c'est sûr. Et paf ! On leur agite un banc d 'eurosardines bien fraîches devant le nez pour qu'ils changent d'option migratoire. Et souvent ça marche. Enfin, ça dandine ...

Deux trucs me chagrinent dans ce documentaire animalier.
La première c'est que dans "forme hominidée dégénérée du manchot empereur" il y a "hominidée". C'est à dire que dans footballeur, il y a homme. Il devrait donc y a voir dignité...
La deuxième c'est que dans "héros des temps modernes" il y a "héros". C'est à dire qu'il y a là un modèle qui reflète les valeurs d'une société, qui guide ses orientations. Et en restant poli il se trouve que bordel de merde, ce putain de modèle "footballstarsystem" me les brise menues.
Ca va mieux en le disant. Je vais pouvoir aller tranquillement jouer au ballon avec mes filles demain ...



mardi 19 juin 2007

Carne Tremula

"Music is my aeroplane".
C'est éventuellement un titre des Red Hot.
Vu ma relation à la musique, c'est surtout une métaphore saisissante qu'on devrait pouvoir appliquer à mon être tout entier : tant au petit pois qu'à la boîte de conserve. Sauf que "aeroplane" n'est pas le terme le plus approprié en ce qui me concerne il me semble. C'est pas tant que la musique me fait planer. Ca ne se passe pas en l'air. C'est pas du léger. C'est pas de la dispersion. C'est plutôt dirigé vers l'intérieur, vers le fond. C'est plus de l'ordre du tremblement de terre que du vol d'oiseau. C'est ça en fait, je suis un mélomane de la Terre et du Feu plutôt qu'un mélomane de l'Eau et de l'Air. Ca peut prendre des formes variées, bâties autour de ces éléments : fièvre, brasier, bazooka, mort, racines, mélancolie, rage, ... Pas étonnant que je me sente un "enfant du rock" donc. Pas étonnant que des artistes de la scène rock arrivent à me parler directement aux tripes. Il s'agit de se mettre en résonance. Ca passe sans doute par la Terre, comme une onde sismique.
Mais le rock n'est pas le seul vecteur de ce type d'émotions musicales.
Récemment j'ai pu faire l'expérience d'un tremblement intérieur à la fois profond, lourd et exaltant. Unique. Ca s'est passé sur la scène d'une salle de spectacle. On était pas loin de 80 personnages (kit complet : petit pois, boîte de conserve et jambes de barbie ;o) ) à taper comme des fous sur des djembés. C'est basique le djembé. Une poignée de sons de base. Poum. Po. Pa. Pla. Mais ça suffit pour construire des morceaux terribles. La recette magique : polyphonie et puissance. Cette fois là, c'était assez polyphonique (alternances de 5 à 6 rythmes complémentaires et d'unissons) et franchement puissant : 80 brutes qui donnent tout ce qu'elles ont, sans doute portées par la présence d'un public nombreux. Pas de doute, on était là dans le registre de la Terre et du Feu. Et plutôt du genre fièvre+brasier+bazooka+mort, c'est à dire ... orgasme. Mon Dieu, ça s'approchait de ça oui ... le genre d'expérience qui appelle un unique commentaire immédiat : "ENCOOOOOORE !".

Déboité

Le pois des images, le choc des maux.
Elle : " 'tain c'est horrible c'te coiffure. C'est cent fois trop court. Avec ta carrure, ta tête ressemble à un petit pois posé sur une boîte de conserve."
Lui (moi) : " Boudu c'te réflexion ! Elle mérite d'être immortalisée sur mon blog !"

Voilà, c'est fait.

mardi 12 juin 2007

No Future

L'écologie a été au coeur de la campagne présidentielle française. C'est une évidence.
Mais si.
Allez.
Comment ? Vous ne vous souvenez pas ? M'enfin. Un poste de vice ex-premier ministre au fauteuil durable, c'est bien ce qui était exigé dans le pacte de Nicolas Hulot, non ?
Comment ça, qui ?
Nicolas Hulot.
Allez, faites pas les incultes, vous savez bien qui est Nicolas Hulot. Voyons ! Nicolas Hulot. Le marchand de produit douche labellisé ECOVERT. Mais si, on l'a vu partout pendant la campagne. Si si. Juste derrière le drapeau bleu-blanc-rouge, à côté du caddie à moitié vide de Madame Germaine. Celle qui aurait tant voulu travailler plus pour gagner plus et le remplir plus, son caddie.
Et bien c'est grâce à ce Nicolas Hulot que l'écologie a été au coeur de la campagne présidentielle disais-je. Et donc, par un effet pédagogique remarquable, au coeur des préoccupations d'un campagnard comme moi et d'un président comme lui (Nicolas. Pas Hulot, Sarkozy) .
Voilà donc que je me questionne sur la planète Terre, mes frères humains, mes cousins bleus (cf postérieurs du post antérieur), mon hibiscus, et moi.
Pour guider mon questionnement, je fais une espèce de bilan de compétences. Je calcule mon empreinte écologique. Ou encore mon impact carbone. Et je peux alors réfléchir à des actions à prendre pour limiter ma collaboration au massacre programmé. Plein d'idées. Des histoires de covoiturage, de centrales solaires sur le toit ma maison, de composteurs à jambes de barbie dans mon jardin, de paniers de légumes de saison du jardin d'à côté, de bus-métro-vélo, de puits canadiens, d'isolation au chanvre ou aux bouchons de St Emilion, de couches lavables, et plein de trucs encore.
Visiblement, si je fais des efforts, je peux diviser par deux ma part effective dans le saccage en cours. Chic !
C'est alors qu'une idée tordue s'invite à ma réflexion. Le doute s'installe. A quoi bon diviser par 2 mon impact si j'ai l'indélicatesse de faire 3 gosses qui vont multiplier par 3 cet impact (ou au mieux, s'ils s'alignent sur mes efforts, au moins 3*0,5 = 1,5 ). Ben oui, on a beau consommer deux fois moins par personne, si on multiplie par 10 la population mondiale, ça lui fait une belle jambe à la barbie planète.
D'où ce paradoxe assez troublant : si je veux vraiment faire pour mes enfants en leur préservant un espace vital digne de ce nom, ... j'ai intérêt à ne pas en faire (des enfants). Et ce choix assez terrifiant : soit je sauve la Terre pour elle même, soit je la sacrifie pour quelques générations.

Ouh là là ! Je me mine avec mes idées à la noix ...

dimanche 10 juin 2007

Wave of Mutilation

bleu : n.m. ecchymose. ex : La France a son Hémicycle tout ecchymosé : il a plein de bleus aux sièges. En conséquence c'est le siège des Français qui risque d'être plein de bleus.

vendredi 8 juin 2007

Compost

Naaan ! Il ne s'agit pas d'un message stupide (con-post), mais bien de cette espèce de barbouillabaisse issue de la décomposition de nos déchets organiques qu'on prépare au fond des jardins. Les épluchures de patates, le riz trop collant que les gosses ont pas voulu, les fraises pourries de fond de barquette, les 3 tonnes de gazon que papa a tondu samedi matin de bonne heure un peu avant l'apéro, les fleurs fanées de la fête des mères, le caca de bébé, ou encore les restes d'escargots écrabouillés d'une belle mort sous les pieds d'une adorable enfant mélomane à la recherche du "crounch" parfait ...
On trouve sur Terre des gens qui s'intéressent au compost et à ses mécanismes de fabrication : le compostage.
Des industriels généreux signataires du pacte de Nicolas Hulot, coeurs vaillant du recyclage, qui voudraient bien que les techniques avancées de compostage se vendent - oh pardon ! se développent - à grande échelle
Aussi des chercheurs, parfois même des non-intermittents bien payés, qui se secouent les neurones pour décortiquer le processus. Ca fait quoi si c'est plus froid ou plus chaud ? Si on sale et poivre, ça se décompose plus vite ou moins vite ? Et qu'est-ce qui pourrait se passer si on mettait des cheveux de petits poneys violets ou des jambes de barbie au milieu du tas de compost ? Justement, l'une des conclusions très intéressante des travaux de ces scientifiques de la pourriture est que les jambes de barbie notamment peuvent avoir un effet très positif. Ou si on n'a pas assez de jambes de barbies sous la main, des morceaux de bois ou autres déchets assez gros et très très difficilement biodégradables. L'idée c'est que pour faciliter la dégradation on ajoute quelque chose qui va structurer le tas de compost. En faire quelque chose de pas trop dense et plein de cavités pour que l'air et l'oxygène puissent y pénétrer facilement. Et oui, parce que les petites bactéries qui font le compost, elles sont un peu comme papi Raymond : en apnée avec le dentier et la rondelle de saucisson coincés dans la trachée, elles mangent bien moins vite ! C'est ainsi qu'on développe des procédés de compostage pour lesquels plus de 90% de la masse présente dans le composteur (la grosse marmite à
barbouillabaisse) ne se dégrade presque pas. C'est pas grave parce que les jambes de barbie c'est vachement coriace et du coup on peut les recycler de génération en génération !
Moralité : pour mieux valoriser une toute petite quantité de matière, il peut être utile de diluer dans beaucoup d'inerte. Le blogger me semble-t-il exploite à merveille ce jeu de la dilution. Pour deux ou trois idées qu'il souhaite exprimer, il utilise un très gros attirail informatique (sans même le savoir) qui lui permet de faire de la mise en page, du classement, d'ajouter des liens ou des images. De plus, contrairement à un carnet de notes de poche, le blog oblige à soigner l'écriture et à clarifier les idées car il est susceptible d'être lu.
C'est bien comme ça que je vois le blog : un agent structurant. De la jambe de barbie bon marché. Dont on espère une contribution active à l'oxygénation de nos petits neurones.

jeudi 7 juin 2007

Yo la tengo

Je le tiens.
Mon point d'entrée pour ce blog.

"I am not afraid of you and I will beat your ass".
Et si j'étais courageux des fois ?
En voilà une idée ...