lundi 15 octobre 2007

Working Class Heroes

Vendredi matin j'ai repensé à la vague bleue. Pas à l'écumeuse de kiwis qui se fracasse sur les épines de roses. Mais bien à la lame de fond du mois de mai, celle qui avait ecchymosés la France. Celle qui m'avait an tantinet ému au point que j'écrive un petit con post (cf. wave of mutilation). C'est pas de l'ovale donc, mais du rond, du lisse. Pas du qui se permet des faux rebonds, qui laisse un espoir au pauvre défenseur battu d'avance. Du rectiligne, du propre, du net, de l'impitoyable.
Et oui, ce matin, j'ai pris la France qui se lève tôt en plein dans la face. 6h45 aéroport de Blagnac. Les chaussures brillent, les cravates rutilent, les portables grésillent, les Echos et l'Equipe s'arrachent comme des petits pains.
Après les élections de mai, j'étais intrigué. Mais où se cachent les électeurs bleus de la France qui travaille ? Autour de moi, pas grand chose à se mettre sous la dent. Du rouge, du vert, du rose, du orange. Mais du bleu ? J'en vois pas. J'avais conclu à une double circonstance sociale et géographique. Le milieu universitaire et le Sud Ouest réunis suffisent semble-t-il à la raréfaction de l'individu bleu. Pourtant il y en a. Ils l'ont dit à la télé. Même par chez nous.
Ce matin j'ai trouvé : ils sont tous parqués dans l'aéroport. Même qu'il y en a des rigolos et des qui aiment le rugby. Même qu'il y en a aussi qui se la pètent grave et qui s'imagine que tout leur est dû. Ben oui, ils ont gagné aux élections quand même. Alors faudrait pas que l'avion ait du retard. D'ailleurs pour éviter de gaspiller temps et énergie, ils évitent de sourire et de dire bonjour. Mais je m'égare car ça n'a rien à voir avec le bleu, puisque cette tendance se retrouve aussi chez les jeunes super coooools équipés de dreadlocks, d'ipods et de carte LCR ...
J'aurais pu me retrouver mal à l'aise. Et bien non, en fait j'étais plutôt rassuré. Ouf ! Ce n'est pas un cauchemar. Je ne suis pas dans le Truman show : la France qui se lève tôt, travaille plus et roule bien droit existe. Je ne suis pas fou.

1 commentaire:

padanguette a dit…

Eh ben moi j'y étais, à Blagnac aéroport, un Jeudi à 12h, Jeudi 18 Octobre exactement, que des feignasses comme moi en partance pour un week-end à la capitale.
Eh ben même que l'avion a pas décollé. Grève.
Je suis retournée au boulot... Et Vendredi, au lieu de m'être couchée tard, je me suis levée tôt et je suis encore retournée au boulot. Travailler plus.
Mince...
Et voilà comment la France bleue s'insinue en nous, sournoisement...