Tu peux me crever les yeux.
Il me reste les mains. Ce que je ne vois plus, je le toucherai. Tes courbes se dessineront sous mes doigts et la douceur de ta peau me suffira.
Tu peux me couper les mains.
Il me reste la langue. Ce que je ne touche plus, je le goûterai. Ta texture titillera mes papilles et le parfum de ta peau me ravira.
Tu peux me couper la langue.
Il me reste le nez. Ce que je ne goûte plus, je le sentirai. Ton atmosphère emplira mes poumons et l'odeur de ta peau m'enivrera.
Tu peux m'ôter le nez.
Il me reste les oreilles. Ce que je ne sens plus, je l'entendrai. Tes ondes feront vibrer mes entrailles et la musique de ta peau m'enchantera.
Tu peux m'arracher les oreilles.
Il me reste l'esprit. Ce que je n'entends plus, je m'en souviendrai. Ta présence inondera mes pensées et la mémoire de ta peau me transportera.
Tu peux éradiquer mon esprit.
Il me reste le cœur. Ce dont je ne me souviens plus, je le vivrai. Ton être tout entier brûlera en moi et la réalité de ta peau m'appartiendra.
mardi 21 octobre 2008
jeudi 21 février 2008
Javel vs Compost
Le matin je dépose mon adorable fillette à la crèche du village. C'est un chouette moment. Je me régale. Vraiment. Et depuis janvier 2008, je dois avouer que j'ai des picotements le long ma colonne vertébrale rien qu'à l'idée d'aller confier ma poulette à la toute nouvelle hôtesse d'accueil.Elle est jeune. Branchée. Lumineuse. Colorée. Elle a un ventre plat qui appelle de délicates caresses. Ce que je ne manque pas de lui offrir tous les jours du bout de mes phalanges, dans un rituel maintenant parfaitement établi. Elle n'est pas bavarde, mais elle aime bien que je lui parle de la nature, et du temps qui passe. Elle aime surtout les poneys, les grenouilles, et les cerises. En fait elle n'aime que les poneys, les grenouilles, et les cerises. Et elle demande tout le temps quelle heure il est. Et elle s'énerve si je m'avise d'élargir la discussion aux mouettes ou aux poivrons verts. Elle est assez rigide, je vous l'accorde. Carrée en somme. C'est ça, elle est carrée. Et suspendue au mur à gauche en rentrant. Et puis elle est maquée par Windows Vista. Ce qui lui permet d'être inopérationnelle régulièrement. Ce qui me permet à moi de dire autre chose que poney, grenouille, cerise à des vraies jeunes femmes sans doute plus arrondies, moins jeunes, moins branchées, moins lumineuses certains matins ... sans leur caresser le ventre (à leur grand regret j'imagine ...), mais en les regardant dans les yeux et avec un sourire en guise de message de validation. Merci Windows, et merci à tes bugs pour ces instants d'humanité. Ca fait du bien.
__
Cette histoire de cyber hôtesse d'accueil c'est un peu la goutte de javel qui fait déborder le vase.
La touche finale (?) à un empilement d'éléments aseptisant qui dure depuis les quelques années que je confie mes enfants à une structure d'accueil collective.
Ca commence par l'interdiction de porter des gâteaux faits maison pour les anniversaires. Ben oui, on sait pas ce qu'ils mettent dedans les papa-mamans. Alors que les bons biscuits préparés par tonton Nestlé, on sait parfaitement ce qu'il y a dedans. Du bon glutamate, des gentils conservateurs E210 ou E216 pour empêcher les vilaines bactéries de venir manger le bon gâteau à notre place et nous filer des vilaines gastro, et puis tout l'amour de tonton Nestlé, qui rend le partage des portions individuelles si convivial.
Après il y a les grincements de dents à l'idée d'accepter des couches lavables en collectivité. La encore on invoque Saint Javel et le besoin d'asepsie pour faire comprendre que bof bof c'est pas cool. Alors que c'est si simple de me convaincre en invoquant un vrai problème d'organisation ou même le bilan écologique assez médiocre du principe des couches lavables s'il induit une machine quotidienne supplémentaire à 90°C avec plein de tensio-actifs et de phosphates, et une boîte de Guronsan par semaine pour chacun des parents ...
Ensuite il y a la construction d'une structure d'accueil flambant neuve, pour remplacer la crèche trop vétuste et limitée en places. Une vraie réussite. C'est plus vétuste du tout du tout. C'est très grand. Et c'est très propre. Boudu comme c'est propre. Ca brille partout. Pour aller chez les petits, on met des chaussons pour pas apporter du cacabeurk de dehors. C'est la classe. Les parents ont l'impression de prendre de l'importance. Ca leur rappelle les scènes de chirurgie dans Urgence. Oooooooh ! Mon dieu ! Mais c'est qui qui arrive là, avec les bleus et blancs taille 42 ? Ce serait pas Georges Clooney le fameux pédiatre ? Aaaaaaaaaaaah .... pincez-moi, je rêeêeêve ! - oui vous rêvez, c'est juste le papa de Mahault, ça.
Mais cette crèche elle n'est pas que propre. Elle est aussi terriblement fonctionnelle, impeccablement adaptée à la vie de nos chérubins et du personnel qui les encadre. Tout est étudié. Impossible de se coincer les doigts dans une porte. Impossible de fuguer si on fait moins de 1m60. Impossible de s'écorcher les genoux sur les gravillons, vu qu'il n'y en a pas. On peut même pas se faire un bosse, avec le revêtement en caoutchouc aggloméré qui sent bon le solvant nouvelle génération. Mmmmmhhhh ...
Et bien sûr, il y a la magnifique cyber-puéricultrice à l'accueil. Qui permet de maintenir l'attention de tout le personnel sur les enfants pendant qu'on remplit tout seul la fiche d'arrivée en lui caressant le ventre tendrement. Ce qui est bien c'est que dans un souci de mixité sociale, on n'a pas besoin de savoir lire pour "pointer", puisque les enfants sont répertoriés par des codes animaux/objets/fruits/légumes. Ca a du être conçu pour augmenter l'autonomie de nos petits chérubins. "Ah, salut Mahault, t'es rentrée de la crèche ! T'as pas oublié de pointer en sortant ma chérie ?". Difficile pour ceux qui ont tâté de la chose de ne pas faire le rapprochement avec le parking du Capitole. Mais pour être aussi performant, il faudrait que le logiciel du parking te demande quand t'as eu ton dernier repas, et si t'as bien dormi, afin de t'orienter vers les boutiques ou restos les plus appropriés, dans le respect de ton rythme biologique. "Et Mahault, tu la fais garder comment la journée ? - Elle est parquée à deux pas de l'école c'est super pratique".
Outre les progrès purement matériels et hygiéniques, la marche en avant de la crèche vers la modernité s'est accompagné de ce qu'on pourrait appeler une rationalisation de son organisation. Les entrées et sorties sont soumises à des règles de plus en plus strictes. Pour satisfaire à la sécurité des enfants, bien sûr. Mais aussi à la gestion comptable de la structure. Dernier progrès en date : le décompte du temps de garde, basé sur un forfait établi pour l'année mentionnant les heures exactes d'arrivée et de départ des minots, avec comme principe que toute 1/2 heure hors forfait entamée est due. C'est bon pour la morale. On y réfléchit à deux fois maintenant avant de s'arrêter au bistrot prendre un demi avec ses potes en sortant du boulot, ou avant de proposer un petit quart d'heure crapuleux à sa maîtresse derrière le parking de Carrouf. Bon par contre pour ce qui est de travailler plus pour gagner plus, c'est pas ça, hein ... Mais bon, il faut savoir mettre des priorités aussi sur les objectifs de la nation.
Soyons clairs, cette crèche elle tend vers la perfection. Les enfants y sont bien, ils ont des jeux merveilleux, ils s'éclatent, etc. Le personnel, à part la petite au ventre plat et coins carrés, sont compétents et attentionnés. Mais elle prend une direction qui me rappelle trop deux priorités de l'époque qui me chagrinent plus qu'un peu : sécurité / rentabilité. Peut-être est-ce encore un peu tôt, mais il me semble qu'il manque quelque chose de fondamental dans cet endroit. Ca pourrait s'appeler une âme ...
___
J'ai le souvenir d'avoir été terriblement oppressé par la scène finale de E.T. l'Extra-Terrestre. Le petit être de l'espace est mourant, il est dans une unité mobile d'hospitalisation complètement aseptisée où tout le monde est équipé de protections pour éviter toute contamination. C'est glacial. La lumière est aveuglante. Ca fait peur. C'est terriblement inhumain. J'ai le cœur serré.
Et bien tout suite, là, je préfèrerais zapper et revoir un truc genre la guerre des boutons, ou jeux interdits ...
jeudi 29 novembre 2007
Je vais bien, ne t'en fais pas !
Hier je n'ai rien acheté.
J'avais la patate. Mes filles étaient adorables. Ma femme magnifique. Mes collègues ont fait les cons tout la journée. Il n'y avait pas d'embouteillages. Le soleil était radieux. L'air pur. J'ai écouté un disque terrible (Le Loup : "The Throne Of The Third Heaven Of The Nations' Millenium General Assembly", Talitres Records). On a mangé une caponade à se taper le cul parterre ... Bref, le genre de journée bénie comme on en fait rarement. Qui vous fait voir la vie en rose et vous gonfle le moral à bloc pour les 3 mois à venir. Le panard, pointure 52 minimum.
Et je n'ai rien acheté. J'ai pas dépensé un kopeck.
Oui, oui, messieurs les journalistes, mesdames les politiques, messieurs les politistes, mesdames les journaliques, z'avez bien entendu. J'ai pas claqué un centime lors de cette formidable journée. D'ailleurs j'arrivais pas bien à savoir si c'est parce que je nageais dans le bonheur que j'ai rien dépensé, ou si c'est en partie parce que j'avais rien dépensé que je me sentais si bien. Ma sagesse de normand (que je ne suis pas) scientifique (que je suis un peu) a trouvé pour moi : ni l'un ni l'autre. Puisque les deux phénomènes ne présentent absolument aucune corrélation. C'est une évidence ... qui n'en était plus une tant on veut nous faire croire le contraire. Tant on nous martèle les oreilles avec le moral de la ménagère de moins de 60 ans (et oui, elle a pris dix ans avec l'augmentation de l'espérance de vie ;o)) qui commande son caddie.
Allez, Raymonde, te laisse pas embobiner. Toi non plus Robert. T'as remarqué que les résultats sportifs sont toujours suivis par les cours du CAC 40 ? Et est-ce que t'as déjà essayé de ne pas faire le rapprochement entre le penalty raté de Trézéguet et les licenciements à Alcatel ?
Je vous dirais bien de jeter vos postes de télé et de radio, mais il y a Jules-Edouard Moustic et Bernard Lenoir dedans. Faudrait pas les abîmer ...
J'avais la patate. Mes filles étaient adorables. Ma femme magnifique. Mes collègues ont fait les cons tout la journée. Il n'y avait pas d'embouteillages. Le soleil était radieux. L'air pur. J'ai écouté un disque terrible (Le Loup : "The Throne Of The Third Heaven Of The Nations' Millenium General Assembly", Talitres Records). On a mangé une caponade à se taper le cul parterre ... Bref, le genre de journée bénie comme on en fait rarement. Qui vous fait voir la vie en rose et vous gonfle le moral à bloc pour les 3 mois à venir. Le panard, pointure 52 minimum.
Et je n'ai rien acheté. J'ai pas dépensé un kopeck.
Oui, oui, messieurs les journalistes, mesdames les politiques, messieurs les politistes, mesdames les journaliques, z'avez bien entendu. J'ai pas claqué un centime lors de cette formidable journée. D'ailleurs j'arrivais pas bien à savoir si c'est parce que je nageais dans le bonheur que j'ai rien dépensé, ou si c'est en partie parce que j'avais rien dépensé que je me sentais si bien. Ma sagesse de normand (que je ne suis pas) scientifique (que je suis un peu) a trouvé pour moi : ni l'un ni l'autre. Puisque les deux phénomènes ne présentent absolument aucune corrélation. C'est une évidence ... qui n'en était plus une tant on veut nous faire croire le contraire. Tant on nous martèle les oreilles avec le moral de la ménagère de moins de 60 ans (et oui, elle a pris dix ans avec l'augmentation de l'espérance de vie ;o)) qui commande son caddie.
Allez, Raymonde, te laisse pas embobiner. Toi non plus Robert. T'as remarqué que les résultats sportifs sont toujours suivis par les cours du CAC 40 ? Et est-ce que t'as déjà essayé de ne pas faire le rapprochement entre le penalty raté de Trézéguet et les licenciements à Alcatel ?
Je vous dirais bien de jeter vos postes de télé et de radio, mais il y a Jules-Edouard Moustic et Bernard Lenoir dedans. Faudrait pas les abîmer ...
lundi 15 octobre 2007
Working Class Heroes
Vendredi matin j'ai repensé à la vague bleue. Pas à l'écumeuse de kiwis qui se fracasse sur les épines de roses. Mais bien à la lame de fond du mois de mai, celle qui avait ecchymosés la France. Celle qui m'avait an tantinet ému au point que j'écrive un petit con post (cf. wave of mutilation). C'est pas de l'ovale donc, mais du rond, du lisse. Pas du qui se permet des faux rebonds, qui laisse un espoir au pauvre défenseur battu d'avance. Du rectiligne, du propre, du net, de l'impitoyable.
Et oui, ce matin, j'ai pris la France qui se lève tôt en plein dans la face. 6h45 aéroport de Blagnac. Les chaussures brillent, les cravates rutilent, les portables grésillent, les Echos et l'Equipe s'arrachent comme des petits pains.
Après les élections de mai, j'étais intrigué. Mais où se cachent les électeurs bleus de la France qui travaille ? Autour de moi, pas grand chose à se mettre sous la dent. Du rouge, du vert, du rose, du orange. Mais du bleu ? J'en vois pas. J'avais conclu à une double circonstance sociale et géographique. Le milieu universitaire et le Sud Ouest réunis suffisent semble-t-il à la raréfaction de l'individu bleu. Pourtant il y en a. Ils l'ont dit à la télé. Même par chez nous.
Ce matin j'ai trouvé : ils sont tous parqués dans l'aéroport. Même qu'il y en a des rigolos et des qui aiment le rugby. Même qu'il y en a aussi qui se la pètent grave et qui s'imagine que tout leur est dû. Ben oui, ils ont gagné aux élections quand même. Alors faudrait pas que l'avion ait du retard. D'ailleurs pour éviter de gaspiller temps et énergie, ils évitent de sourire et de dire bonjour. Mais je m'égare car ça n'a rien à voir avec le bleu, puisque cette tendance se retrouve aussi chez les jeunes super coooools équipés de dreadlocks, d'ipods et de carte LCR ...
J'aurais pu me retrouver mal à l'aise. Et bien non, en fait j'étais plutôt rassuré. Ouf ! Ce n'est pas un cauchemar. Je ne suis pas dans le Truman show : la France qui se lève tôt, travaille plus et roule bien droit existe. Je ne suis pas fou.
Et oui, ce matin, j'ai pris la France qui se lève tôt en plein dans la face. 6h45 aéroport de Blagnac. Les chaussures brillent, les cravates rutilent, les portables grésillent, les Echos et l'Equipe s'arrachent comme des petits pains.
Après les élections de mai, j'étais intrigué. Mais où se cachent les électeurs bleus de la France qui travaille ? Autour de moi, pas grand chose à se mettre sous la dent. Du rouge, du vert, du rose, du orange. Mais du bleu ? J'en vois pas. J'avais conclu à une double circonstance sociale et géographique. Le milieu universitaire et le Sud Ouest réunis suffisent semble-t-il à la raréfaction de l'individu bleu. Pourtant il y en a. Ils l'ont dit à la télé. Même par chez nous.
Ce matin j'ai trouvé : ils sont tous parqués dans l'aéroport. Même qu'il y en a des rigolos et des qui aiment le rugby. Même qu'il y en a aussi qui se la pètent grave et qui s'imagine que tout leur est dû. Ben oui, ils ont gagné aux élections quand même. Alors faudrait pas que l'avion ait du retard. D'ailleurs pour éviter de gaspiller temps et énergie, ils évitent de sourire et de dire bonjour. Mais je m'égare car ça n'a rien à voir avec le bleu, puisque cette tendance se retrouve aussi chez les jeunes super coooools équipés de dreadlocks, d'ipods et de carte LCR ...
J'aurais pu me retrouver mal à l'aise. Et bien non, en fait j'étais plutôt rassuré. Ouf ! Ce n'est pas un cauchemar. Je ne suis pas dans le Truman show : la France qui se lève tôt, travaille plus et roule bien droit existe. Je ne suis pas fou.
samedi 1 septembre 2007
(sp)amis
(Larousse)
ami, e : n. personne pour laquelle on a de l'amitié, de l'affection, ou avec laquelle on a des affinités.
amitié : n.f. sentiment d'affection, de sympathie qu'une personne éprouve pour une autre ; relation qui en résulte.
(Oxford Thesaurus)
friend : noun. a person whom one knows and with whom one has a bond of mutual affection, typically exclusive of sexual or family relations.
Avec l'essor d'internet et le développement de la blogosphère, sur le modèle "MySpace" en particulier, le mot ami s'est doté d'une nouvelle acception (spéciale dédicace à ma prof de français de 1ère ...), puisque sur un blog, un ami est grosso-modo un gus qui profite de ton emplacement médiatique pour poser sa petite annonce personnelle. J'espère ne pas abasourdir les millions de lecteurs de dabdoub31.net en faisant partir en fumée leurs illusions. Ceux qui voyaient leurs soucis balayés tous les soirs lors de leur connexion dans leur cyber-communauté favorite, avec ce petit encart : "Vous avez 1076 amis. Cliquez ici pour inviter de nouveaux amis". Ou encore ceux qui transgouttaient à grosses spires en recevant au boulot sur leur compte mail professionnel des messages du genre "Bonita Melucci veut devenir votre amie. Cliquez ici pour accepter". Eh ben non, l'affection n'est pas le moteur de la blogamitié ...
Afin d'éviter toute confusion, je propose d'utiliser désormais le terme "spami", qui, lui, sera sans ambiguïté.
Le spami occupe beaucoup d'espace et se propage à très vive allure, selon l'adage "les spamis de mes spamis sont mes spamis ".
J'ai été frappé par le phénomène spami en m'inscrivant sur le site cqfd.com. C'est un site dédié à la découverte de musiciens autoproduits, qui héberge le concours CQFD des inrockuptibles (le gagnant se voit offert une séance d'enregistrement dans un studio professionnel, des dates de concerts, etc.). Il se trouve que j'ai une connaissance (j'ai pas dit un ami, hein ;-)) qui participe au concours. Il se trouve d'ailleurs que c'est lui qui propose la musique la plus aboutie, la plus fine, la plus minutieuse, la plus prenante et le chant le plus agréable de tous les participants (la preuve ici), mais c'est un hasard (je répète, c'est pas un ami ...).
J'ai du m'inscrire un soir vers 21h37. A 21h42, j'avais 5 invitations à devenir mon "ami", à 22h12 j'en avais 13. (Les rédacteurs du site n'ayant pas encore lu ce blog, ils emploient encore le terme "ami" pour parler des "spamis", il ne faut pas leur en vouloir). Bon il faut reconnaître que le spami est très courtois. Il envoie un commentaire sur ton blog qui commence par " merci pour l'invit' " en police 8, suivi par un jpeg 800*1500 qui annonce un concert où son groupe joue, ou tout simplement qui te permet d'avoir sa photo sur la moitié de ta fenêtre de navigateur. De rien, de rien, mon pote. L'amitié c'est sacré, tu sais.
Je pensais au début que le spami était plutôt localisé dans les écosystèmes à enjeux. Ben oui, cqfd, c'est un concours, faut sucer pour passer. C'est inévitable. Et bien non ! C'est pas un problème de concours. Si vous visitez des pages au hasard sur "MySpace" vous êtres bons pour une migraine. La soif d'exposition publique semble inaltérable et généralisée. Faut faire de la pub a tout prix. Pour sa page perso. Pour son groupe de ziq. Pour son club de pétanque. Descartes - à puce : "je poste, donc je suis".
A l'heure où les consciences se réveillent doucement pour ne pas laisser la pollution publicitaire finir d'abrutir le peuple, j'ai la vague impression que la voie suivie par les (sp)amis de la communauté internautique est quelque peu rétrograde ...
Au fait, cet été j'ai passé quelques jours chez des amis du côté de Nice, et chez d'autres amis du côté de Bordeaux. C'est fou comme ils sont discrets, authentiques et précieux.
ami, e : n. personne pour laquelle on a de l'amitié, de l'affection, ou avec laquelle on a des affinités.
amitié : n.f. sentiment d'affection, de sympathie qu'une personne éprouve pour une autre ; relation qui en résulte.
(Oxford Thesaurus)
friend : noun. a person whom one knows and with whom one has a bond of mutual affection, typically exclusive of sexual or family relations.
Avec l'essor d'internet et le développement de la blogosphère, sur le modèle "MySpace" en particulier, le mot ami s'est doté d'une nouvelle acception (spéciale dédicace à ma prof de français de 1ère ...), puisque sur un blog, un ami est grosso-modo un gus qui profite de ton emplacement médiatique pour poser sa petite annonce personnelle. J'espère ne pas abasourdir les millions de lecteurs de dabdoub31.net en faisant partir en fumée leurs illusions. Ceux qui voyaient leurs soucis balayés tous les soirs lors de leur connexion dans leur cyber-communauté favorite, avec ce petit encart : "Vous avez 1076 amis. Cliquez ici pour inviter de nouveaux amis". Ou encore ceux qui transgouttaient à grosses spires en recevant au boulot sur leur compte mail professionnel des messages du genre "Bonita Melucci veut devenir votre amie. Cliquez ici pour accepter". Eh ben non, l'affection n'est pas le moteur de la blogamitié ...
Afin d'éviter toute confusion, je propose d'utiliser désormais le terme "spami", qui, lui, sera sans ambiguïté.
Le spami occupe beaucoup d'espace et se propage à très vive allure, selon l'adage "les spamis de mes spamis sont mes spamis ".
J'ai été frappé par le phénomène spami en m'inscrivant sur le site cqfd.com. C'est un site dédié à la découverte de musiciens autoproduits, qui héberge le concours CQFD des inrockuptibles (le gagnant se voit offert une séance d'enregistrement dans un studio professionnel, des dates de concerts, etc.). Il se trouve que j'ai une connaissance (j'ai pas dit un ami, hein ;-)) qui participe au concours. Il se trouve d'ailleurs que c'est lui qui propose la musique la plus aboutie, la plus fine, la plus minutieuse, la plus prenante et le chant le plus agréable de tous les participants (la preuve ici), mais c'est un hasard (je répète, c'est pas un ami ...).
J'ai du m'inscrire un soir vers 21h37. A 21h42, j'avais 5 invitations à devenir mon "ami", à 22h12 j'en avais 13. (Les rédacteurs du site n'ayant pas encore lu ce blog, ils emploient encore le terme "ami" pour parler des "spamis", il ne faut pas leur en vouloir). Bon il faut reconnaître que le spami est très courtois. Il envoie un commentaire sur ton blog qui commence par " merci pour l'invit' " en police 8, suivi par un jpeg 800*1500 qui annonce un concert où son groupe joue, ou tout simplement qui te permet d'avoir sa photo sur la moitié de ta fenêtre de navigateur. De rien, de rien, mon pote. L'amitié c'est sacré, tu sais.
Je pensais au début que le spami était plutôt localisé dans les écosystèmes à enjeux. Ben oui, cqfd, c'est un concours, faut sucer pour passer. C'est inévitable. Et bien non ! C'est pas un problème de concours. Si vous visitez des pages au hasard sur "MySpace" vous êtres bons pour une migraine. La soif d'exposition publique semble inaltérable et généralisée. Faut faire de la pub a tout prix. Pour sa page perso. Pour son groupe de ziq. Pour son club de pétanque. Descartes - à puce : "je poste, donc je suis".
A l'heure où les consciences se réveillent doucement pour ne pas laisser la pollution publicitaire finir d'abrutir le peuple, j'ai la vague impression que la voie suivie par les (sp)amis de la communauté internautique est quelque peu rétrograde ...
Au fait, cet été j'ai passé quelques jours chez des amis du côté de Nice, et chez d'autres amis du côté de Bordeaux. C'est fou comme ils sont discrets, authentiques et précieux.
vendredi 31 août 2007
Le Marché de l'Empereur II : les soldes
C'est un problème récurent dans la gestion des entreprises. Les stocks. Ou comment écouler les invendus ? Les pingouins au ballon rond n'y échappent pas. Quand un modèle est dépassé, quand il sort de l'univers esthétique renouvelé à l'intersaison, on brade. Faut s'en débarrasser. Oui mais ça prend du temps. Alors, en attendant de trouver un pigeon assez couillon pour se farcir le pingouin aux prochaines saisons, on le garde en rayon. On l'étale même parfois. Juste ce qu'il faut pour faire envie. Mais pas trop pour cacher ses défauts. Parce que la subtilité du mercato de fin de série réside dans la roublardise de haut rang qui consite à faire comprendre à la fois qu'on est en possession d'un oiseau formidable, rare - et donc cher, et que cet oiseau est malgré tout bon à rien, ou du moins pas assez bon pour atteindre les objectifs du magasin-club. C'est ainsi qu'il y a parfois quelques grincements de dents du côté des gérants, quand par exemple un pingouin de premier choix se met à planter 3 buts dès qu'on l'expose 5 minutes en vitrine ...
A l'école du ballon rond, on apprend aux pougouinceaux à former une équipe. A développer un esprit pour cette équipe (Coluche trouvait qu'un esprit pour 11, ça fait léger, mais c'est pas le propos ...). On tente de motiver les minots pour partir dans une aventure collective où chacun a sa place, où on a envie de faire avancer le schmilblick (l'ennui avec Coluche c'est que quand on l'invite, il veut pas repartir). En Europe, au mois d'août, début de la saison footballistique, les entraîneurs de foot s'appliquent à forger l'esprit de leur équipe. Les gestionnaires, eux, s'équipent et se forgent un bon portefeuille en appliquant des prix fous. Et les pingouins dans l'histoire ? Ils appliquent la politique de l'autruche.
Je rêve secrètement d'une rébellion des footballeurs professionnels avec des slogans rageurs : "rendez-nous notre sport !", "nos courses valent plus que vos profits !", "dignité pour les manchots !".
A l'école du ballon rond, on apprend aux pougouinceaux à former une équipe. A développer un esprit pour cette équipe (Coluche trouvait qu'un esprit pour 11, ça fait léger, mais c'est pas le propos ...). On tente de motiver les minots pour partir dans une aventure collective où chacun a sa place, où on a envie de faire avancer le schmilblick (l'ennui avec Coluche c'est que quand on l'invite, il veut pas repartir). En Europe, au mois d'août, début de la saison footballistique, les entraîneurs de foot s'appliquent à forger l'esprit de leur équipe. Les gestionnaires, eux, s'équipent et se forgent un bon portefeuille en appliquant des prix fous. Et les pingouins dans l'histoire ? Ils appliquent la politique de l'autruche.
Je rêve secrètement d'une rébellion des footballeurs professionnels avec des slogans rageurs : "rendez-nous notre sport !", "nos courses valent plus que vos profits !", "dignité pour les manchots !".
mercredi 4 juillet 2007
Uppercut
C'est la grande classe. C'est un condensé de tout ce que la musique m'apporte de plus exaltant. C'est comme si ma discothèque idéale avait fondu, décanté, et s'était vidé d'un surnageant superflu pour aller à l'essentiel. Difficile de lister les artistes invités à cette fusion inespérée. Nick Cave, The Smiths, Léonard Cohen, The Tindersticks, U2, ... ? Difficile et finalement sans intérêt, tant le résultat est unique et se suffit à lui même. L'effet produit est de toute façon trop fort pour arriver à l'exprimer avec de pauvres mots de dabdoub. Heureusement il existe sur Terre des individus dotés de facultés d'analyse et d'expression suffisament développés, et qui ont choisi un beau métier : chroniqueur musical. Un peu comme les artistes, on remercie parfois ces critiques de parvenir à poser des mots sur des sensations. J'ai trouvé quelques références qui donnent des éléments de réponse à la question "mais pourquoi ce foutu groupe de rock américain est-il si efficace, si attanchant, si précieux ?". On peut ainsi lire quelques critiques de Boxer, le dernier album de The National, sur le site MySpace du groupe, sur le chouette webzine Foutraque, ou encore dans un article de la Blogothèque par Furax. Et puis sur le site de la contreculture officielle bobo parisienne des inrockuptibles, un jeune femme prénommée Johanna trouve une formule jolie et juste : "A l’école, on se souvient avoir appris, sans trop comprendre, l’obscure clarté avec Corneille. Voici qu’on la saisit enfin, brillamment illustrée."Pour le plaisir, une version style fin de petit banquet méditerranéen du titre "Start a War".
jeudi 28 juin 2007
Le marché de l'Empereur
Ce sont nos héros des temps modernes. Leurs bras sont atrophiés car inutiles. Ils se dandinent de manière plus ou moins ordonnée sur des grands rectangles de pelouse verte, ou parfois sur des petits rectangles plats à coins carrés posés devant le canapé.
Cette forme hominidée dégénérée du manchot empereur est couramment appelée "manchot footballeur" et dans sa forme usuelle abrégée "footballeur" tout court.
De nombreuses caractéristiques de cette espèce sont disponibles sur wikipédia. Voici une synthèse de ce qu'il convient de retenir pour avoir un minimum de prestance au café philo du village ("Chez Titi", place de la poste, tous les samedis soirs).
Le plumage est monochrome sur le ventre et floqué d'un chiffre noir foncé sur le dos. L'individu au plumage noir est pourvu d'un bec incurvé partiellement emplumé, noir aussi, orné d'une bande orange sur la mandibule inférieure, qui lui entoure le cou. Il a le titre d' "arbitre" ; c'est une sorte de médiateur de la république impériale.
Les pattes palmées sont noires, avec les trois bandes "adidas" bien en évidence. La séparation entre le monochrome du ventre et le monochrome des pattes est matérialisée par une bande épaisse (également monochrome en général) appelée "short". Ces touches de couleur confèrent à cet oiseau un aspect esthétique du plus bel effet.
Le poussin ressemble à une peluche. Mais aussi le benjamin, le minime, le cadet. Mais pas le junior, qui est beaucoup trop gros pour attendrir. Les adultes sont très semblables aux immatures mais en un peu plus vieux. (...)
La morphologie du manchot, que ses ailes atrophiées ont rendu inapte au vol, est adaptée à la course : son corps rigide et son cou court lui permettent de se propulser sur l'herbe à une vitesse de 5 à 10 km/h, avec des pointes pouvant atteindre 30 km/h. Sa densité corporelle est élevée, ses ailes lui servent de balancier et ses pattes de gouvernail. Ses courses sont profondes (plus de 100 m) et ne durent que quelques secondes. (...)
Lors de grand matchs, après avoir marqué un but, les manchots forment « la tortue » : ils se rassemblent en groupe compact, limitant ainsi en périphérie le contact avec le public. Une rotation s'organise entre les manchots du bord et ceux du centre afin que ce ne soit pas toujours les mêmes individus qui soient exposés aux flashs. (...)
Le taux de fécondité des manchots footballeur est très faible puisqu'il est d'en moyenne un oeuf pour 22 adultes. Le manchot médiateur de la république impériale parvient cependant à améliorer les statistiques par un subtil jeu de distribution de cartons jaunes et rouges. Le Manchot empereur ne nidifie pas (la terre étant couverte d'herbe), mais il porte l’œuf sur ses pieds en permanence sauf quand il tente d'en briser la coquille avec la tête. Après la ponte, les femelles transmettent l'œuf aux mâles, qui aussitôt passent à l'aile pour un périple sur la banquise verte débouchant sur un centre millimétré et une reprise de volée acrobatique. Ou pas. (...)
Une caractéristique supplémentaire, non mentionnée dans wikipédia, m'interpelle grandement. Voici donc.
Chez les manchots footballeurs, la saison des migrations s'appelle "mercato", ou saison des transferts. Mais le terme italien est plus usité. Ce côté latin, chantant, chaleureux plaît beaucoup aux scientifiques spécialistes de l'espèce que l'on nomme journalistes sportifs. Un synonyme moins répandu est "foire aux bestiaux", qu'on a plus l'habitude d'associer à des Blondes d'Aquitaine ou des Limousines qu'à des Empereurs, il faut bien avouer. Pourtant si on se base sur le degré d'autodétermination de sa propre destinée, à ras des pâquerettes, on en est très proche, de la foire aux bestiaux ... Ou de la foire aux esclaves ... Ou plutôt de la foire aux gladiateurs. Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit au fond. Les jeux du cirque des temps modernes. Occuper du temps de cerveau disponible et spéculer tranquillement. Moins on laisse le gladiateur libre, mieux ça marche. Plus on le paye, plus ça marche encore mieux. Plus on lui dit qu'il est trop beau, mieux encore ça marche plus. C'est ainsi que le manchot empereur footballeur se voit attribuer des revenus impériaux et fait l'objet de négociations farouches pendant la période migratoire. Le pompon sur le pingouin, c'est l'anarchie qui se généralise à la fin de cette période. Où l'on voit que pendant que des manchots bien installés sur leur coin de glacier commencent à marquer leur territoire et organiser leur petite vie (préparation physique, entraînements, établissement de plan tactiques, etc.), d'autres continuent leur tour de banquise, sans savoir dans quelle colonie ils vont atterrir finalement. Parfois on voit des manchots tardifs lorgner avec envie un groupe déjà bien établi. Le territoire est grand et beau. Les femelles sont canons. Les potes empereurs sont super balaises et vont tout rafler c'est sûr. Et paf ! On leur agite un banc d 'eurosardines bien fraîches devant le nez pour qu'ils changent d'option migratoire. Et souvent ça marche. Enfin, ça dandine ...
Deux trucs me chagrinent dans ce documentaire animalier.
La première c'est que dans "forme hominidée dégénérée du manchot empereur" il y a "hominidée". C'est à dire que dans footballeur, il y a homme. Il devrait donc y a voir dignité...
La deuxième c'est que dans "héros des temps modernes" il y a "héros". C'est à dire qu'il y a là un modèle qui reflète les valeurs d'une société, qui guide ses orientations. Et en restant poli il se trouve que bordel de merde, ce putain de modèle "footballstarsystem" me les brise menues.
Ca va mieux en le disant. Je vais pouvoir aller tranquillement jouer au ballon avec mes filles demain ...
Cette forme hominidée dégénérée du manchot empereur est couramment appelée "manchot footballeur" et dans sa forme usuelle abrégée "footballeur" tout court.
De nombreuses caractéristiques de cette espèce sont disponibles sur wikipédia. Voici une synthèse de ce qu'il convient de retenir pour avoir un minimum de prestance au café philo du village ("Chez Titi", place de la poste, tous les samedis soirs).
Le plumage est monochrome sur le ventre et floqué d'un chiffre noir foncé sur le dos. L'individu au plumage noir est pourvu d'un bec incurvé partiellement emplumé, noir aussi, orné d'une bande orange sur la mandibule inférieure, qui lui entoure le cou. Il a le titre d' "arbitre" ; c'est une sorte de médiateur de la république impériale.
Les pattes palmées sont noires, avec les trois bandes "adidas" bien en évidence. La séparation entre le monochrome du ventre et le monochrome des pattes est matérialisée par une bande épaisse (également monochrome en général) appelée "short". Ces touches de couleur confèrent à cet oiseau un aspect esthétique du plus bel effet.
Le poussin ressemble à une peluche. Mais aussi le benjamin, le minime, le cadet. Mais pas le junior, qui est beaucoup trop gros pour attendrir. Les adultes sont très semblables aux immatures mais en un peu plus vieux. (...)
La morphologie du manchot, que ses ailes atrophiées ont rendu inapte au vol, est adaptée à la course : son corps rigide et son cou court lui permettent de se propulser sur l'herbe à une vitesse de 5 à 10 km/h, avec des pointes pouvant atteindre 30 km/h. Sa densité corporelle est élevée, ses ailes lui servent de balancier et ses pattes de gouvernail. Ses courses sont profondes (plus de 100 m) et ne durent que quelques secondes. (...)
Lors de grand matchs, après avoir marqué un but, les manchots forment « la tortue » : ils se rassemblent en groupe compact, limitant ainsi en périphérie le contact avec le public. Une rotation s'organise entre les manchots du bord et ceux du centre afin que ce ne soit pas toujours les mêmes individus qui soient exposés aux flashs. (...)
Le taux de fécondité des manchots footballeur est très faible puisqu'il est d'en moyenne un oeuf pour 22 adultes. Le manchot médiateur de la république impériale parvient cependant à améliorer les statistiques par un subtil jeu de distribution de cartons jaunes et rouges. Le Manchot empereur ne nidifie pas (la terre étant couverte d'herbe), mais il porte l’œuf sur ses pieds en permanence sauf quand il tente d'en briser la coquille avec la tête. Après la ponte, les femelles transmettent l'œuf aux mâles, qui aussitôt passent à l'aile pour un périple sur la banquise verte débouchant sur un centre millimétré et une reprise de volée acrobatique. Ou pas. (...)
Une caractéristique supplémentaire, non mentionnée dans wikipédia, m'interpelle grandement. Voici donc.
Chez les manchots footballeurs, la saison des migrations s'appelle "mercato", ou saison des transferts. Mais le terme italien est plus usité. Ce côté latin, chantant, chaleureux plaît beaucoup aux scientifiques spécialistes de l'espèce que l'on nomme journalistes sportifs. Un synonyme moins répandu est "foire aux bestiaux", qu'on a plus l'habitude d'associer à des Blondes d'Aquitaine ou des Limousines qu'à des Empereurs, il faut bien avouer. Pourtant si on se base sur le degré d'autodétermination de sa propre destinée, à ras des pâquerettes, on en est très proche, de la foire aux bestiaux ... Ou de la foire aux esclaves ... Ou plutôt de la foire aux gladiateurs. Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit au fond. Les jeux du cirque des temps modernes. Occuper du temps de cerveau disponible et spéculer tranquillement. Moins on laisse le gladiateur libre, mieux ça marche. Plus on le paye, plus ça marche encore mieux. Plus on lui dit qu'il est trop beau, mieux encore ça marche plus. C'est ainsi que le manchot empereur footballeur se voit attribuer des revenus impériaux et fait l'objet de négociations farouches pendant la période migratoire. Le pompon sur le pingouin, c'est l'anarchie qui se généralise à la fin de cette période. Où l'on voit que pendant que des manchots bien installés sur leur coin de glacier commencent à marquer leur territoire et organiser leur petite vie (préparation physique, entraînements, établissement de plan tactiques, etc.), d'autres continuent leur tour de banquise, sans savoir dans quelle colonie ils vont atterrir finalement. Parfois on voit des manchots tardifs lorgner avec envie un groupe déjà bien établi. Le territoire est grand et beau. Les femelles sont canons. Les potes empereurs sont super balaises et vont tout rafler c'est sûr. Et paf ! On leur agite un banc d 'eurosardines bien fraîches devant le nez pour qu'ils changent d'option migratoire. Et souvent ça marche. Enfin, ça dandine ...
Deux trucs me chagrinent dans ce documentaire animalier.
La première c'est que dans "forme hominidée dégénérée du manchot empereur" il y a "hominidée". C'est à dire que dans footballeur, il y a homme. Il devrait donc y a voir dignité...
La deuxième c'est que dans "héros des temps modernes" il y a "héros". C'est à dire qu'il y a là un modèle qui reflète les valeurs d'une société, qui guide ses orientations. Et en restant poli il se trouve que bordel de merde, ce putain de modèle "footballstarsystem" me les brise menues.
Ca va mieux en le disant. Je vais pouvoir aller tranquillement jouer au ballon avec mes filles demain ...
mardi 19 juin 2007
Carne Tremula
"Music is my aeroplane".
C'est éventuellement un titre des Red Hot.
Vu ma relation à la musique, c'est surtout une métaphore saisissante qu'on devrait pouvoir appliquer à mon être tout entier : tant au petit pois qu'à la boîte de conserve. Sauf que "aeroplane" n'est pas le terme le plus approprié en ce qui me concerne il me semble. C'est pas tant que la musique me fait planer. Ca ne se passe pas en l'air. C'est pas du léger. C'est pas de la dispersion. C'est plutôt dirigé vers l'intérieur, vers le fond. C'est plus de l'ordre du tremblement de terre que du vol d'oiseau. C'est ça en fait, je suis un mélomane de la Terre et du Feu plutôt qu'un mélomane de l'Eau et de l'Air. Ca peut prendre des formes variées, bâties autour de ces éléments : fièvre, brasier, bazooka, mort, racines, mélancolie, rage, ... Pas étonnant que je me sente un "enfant du rock" donc. Pas étonnant que des artistes de la scène rock arrivent à me parler directement aux tripes. Il s'agit de se mettre en résonance. Ca passe sans doute par la Terre, comme une onde sismique.
Mais le rock n'est pas le seul vecteur de ce type d'émotions musicales.
Récemment j'ai pu faire l'expérience d'un tremblement intérieur à la fois profond, lourd et exaltant. Unique. Ca s'est passé sur la scène d'une salle de spectacle. On était pas loin de 80 personnages (kit complet : petit pois, boîte de conserve et jambes de barbie ;o) ) à taper comme des fous sur des djembés. C'est basique le djembé. Une poignée de sons de base. Poum. Po. Pa. Pla. Mais ça suffit pour construire des morceaux terribles. La recette magique : polyphonie et puissance. Cette fois là, c'était assez polyphonique (alternances de 5 à 6 rythmes complémentaires et d'unissons) et franchement puissant : 80 brutes qui donnent tout ce qu'elles ont, sans doute portées par la présence d'un public nombreux. Pas de doute, on était là dans le registre de la Terre et du Feu. Et plutôt du genre fièvre+brasier+bazooka+mort, c'est à dire ... orgasme. Mon Dieu, ça s'approchait de ça oui ... le genre d'expérience qui appelle un unique commentaire immédiat : "ENCOOOOOORE !".
C'est éventuellement un titre des Red Hot.
Vu ma relation à la musique, c'est surtout une métaphore saisissante qu'on devrait pouvoir appliquer à mon être tout entier : tant au petit pois qu'à la boîte de conserve. Sauf que "aeroplane" n'est pas le terme le plus approprié en ce qui me concerne il me semble. C'est pas tant que la musique me fait planer. Ca ne se passe pas en l'air. C'est pas du léger. C'est pas de la dispersion. C'est plutôt dirigé vers l'intérieur, vers le fond. C'est plus de l'ordre du tremblement de terre que du vol d'oiseau. C'est ça en fait, je suis un mélomane de la Terre et du Feu plutôt qu'un mélomane de l'Eau et de l'Air. Ca peut prendre des formes variées, bâties autour de ces éléments : fièvre, brasier, bazooka, mort, racines, mélancolie, rage, ... Pas étonnant que je me sente un "enfant du rock" donc. Pas étonnant que des artistes de la scène rock arrivent à me parler directement aux tripes. Il s'agit de se mettre en résonance. Ca passe sans doute par la Terre, comme une onde sismique.
Mais le rock n'est pas le seul vecteur de ce type d'émotions musicales.
Récemment j'ai pu faire l'expérience d'un tremblement intérieur à la fois profond, lourd et exaltant. Unique. Ca s'est passé sur la scène d'une salle de spectacle. On était pas loin de 80 personnages (kit complet : petit pois, boîte de conserve et jambes de barbie ;o) ) à taper comme des fous sur des djembés. C'est basique le djembé. Une poignée de sons de base. Poum. Po. Pa. Pla. Mais ça suffit pour construire des morceaux terribles. La recette magique : polyphonie et puissance. Cette fois là, c'était assez polyphonique (alternances de 5 à 6 rythmes complémentaires et d'unissons) et franchement puissant : 80 brutes qui donnent tout ce qu'elles ont, sans doute portées par la présence d'un public nombreux. Pas de doute, on était là dans le registre de la Terre et du Feu. Et plutôt du genre fièvre+brasier+bazooka+mort, c'est à dire ... orgasme. Mon Dieu, ça s'approchait de ça oui ... le genre d'expérience qui appelle un unique commentaire immédiat : "ENCOOOOOORE !".
Déboité
Le pois des images, le choc des maux.
Elle : " 'tain c'est horrible c'te coiffure. C'est cent fois trop court. Avec ta carrure, ta tête ressemble à un petit pois posé sur une boîte de conserve."
Lui (moi) : " Boudu c'te réflexion ! Elle mérite d'être immortalisée sur mon blog !"
Voilà, c'est fait.
Elle : " 'tain c'est horrible c'te coiffure. C'est cent fois trop court. Avec ta carrure, ta tête ressemble à un petit pois posé sur une boîte de conserve."
Lui (moi) : " Boudu c'te réflexion ! Elle mérite d'être immortalisée sur mon blog !"
Voilà, c'est fait.
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