Naaan ! Il ne s'agit pas d'un message stupide (con-post), mais bien de cette espèce de barbouillabaisse issue de la décomposition de nos déchets organiques qu'on prépare au fond des jardins. Les épluchures de patates, le riz trop collant que les gosses ont pas voulu, les fraises pourries de fond de barquette, les 3 tonnes de gazon que papa a tondu samedi matin de bonne heure un peu avant l'apéro, les fleurs fanées de la fête des mères, le caca de bébé, ou encore les restes d'escargots écrabouillés d'une belle mort sous les pieds d'une adorable enfant mélomane à la recherche du "crounch" parfait ...
On trouve sur Terre des gens qui s'intéressent au compost et à ses mécanismes de fabrication : le compostage.
Des industriels généreux signataires du pacte de Nicolas Hulot, coeurs vaillant du recyclage, qui voudraient bien que les techniques avancées de compostage se vendent - oh pardon ! se développent - à grande échelle
Aussi des chercheurs, parfois même des non-intermittents bien payés, qui se secouent les neurones pour décortiquer le processus. Ca fait quoi si c'est plus froid ou plus chaud ? Si on sale et poivre, ça se décompose plus vite ou moins vite ? Et qu'est-ce qui pourrait se passer si on mettait des cheveux de petits poneys violets ou des jambes de barbie au milieu du tas de compost ? Justement, l'une des conclusions très intéressante des travaux de ces scientifiques de la pourriture est que les jambes de barbie notamment peuvent avoir un effet très positif. Ou si on n'a pas assez de jambes de barbies sous la main, des morceaux de bois ou autres déchets assez gros et très très difficilement biodégradables. L'idée c'est que pour faciliter la dégradation on ajoute quelque chose qui va structurer le tas de compost. En faire quelque chose de pas trop dense et plein de cavités pour que l'air et l'oxygène puissent y pénétrer facilement. Et oui, parce que les petites bactéries qui font le compost, elles sont un peu comme papi Raymond : en apnée avec le dentier et la rondelle de saucisson coincés dans la trachée, elles mangent bien moins vite ! C'est ainsi qu'on développe des procédés de compostage pour lesquels plus de 90% de la masse présente dans le composteur (la grosse marmite à barbouillabaisse) ne se dégrade presque pas. C'est pas grave parce que les jambes de barbie c'est vachement coriace et du coup on peut les recycler de génération en génération !
Moralité : pour mieux valoriser une toute petite quantité de matière, il peut être utile de diluer dans beaucoup d'inerte. Le blogger me semble-t-il exploite à merveille ce jeu de la dilution. Pour deux ou trois idées qu'il souhaite exprimer, il utilise un très gros attirail informatique (sans même le savoir) qui lui permet de faire de la mise en page, du classement, d'ajouter des liens ou des images. De plus, contrairement à un carnet de notes de poche, le blog oblige à soigner l'écriture et à clarifier les idées car il est susceptible d'être lu.
C'est bien comme ça que je vois le blog : un agent structurant. De la jambe de barbie bon marché. Dont on espère une contribution active à l'oxygénation de nos petits neurones.
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